Mais plus que tout, les livres étaient ma ligne de fuite. Je les ouvrais avec une lenteur religieuse et, vite, je me glissais dedans comme un petit animal traqué bondit dans son terrier. Chaque phrase m'était l'amorce d'une galerie où je m'enfonçais avec...
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Face à l'accident, il faut n'exprimer ni révolte ni résignation. Il conviendrait plutôt d'inventer un nouveau solfège de l'existence. Une manière de continuer le voyage en compagnie d'une deuxième personne, la faiblesse. Sylvain Tesson
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La cabane est un terrain parfait pour bâtir une vie sur les fondations de la sobriété luxueuse. La sobriété de l'ermite est de ne pas s'encombrer d'objets, ni de semblables. De se déshabituer de ses anciens besoins. Le luxe de l'ermite c'est la beauté....
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Marcher dans Paris ne m'était pas agréable. C'était comme obéir à un monstre qui m'imposait un pas rapide et me jetait sans arrêt au visage des milliers de visage, tous possédés par la même fièvre qui remplissait les vitrines et faisait rouler les voitures....
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Les sommets découpaient leurs motifs : tours, donjons, remparts, échauguettes, ruines et colonnes. Les murs étaient classiques. Les crénelures romantiques. Un château-fort s'était suspendu dans le ciel, taillé pour le rêve et la musculature. Dans quelques...
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Le mot fée signifie autre chose. C'est une qualité du réel révélée par une disposition du regard. Il y a une façon d'attraper le monde et d'y déceler le miracle. Le reflet revenu du soleil sur la mer, le froissement du vent dans les feuilles d'un hêtre,...
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Ses cheveux noirs, longs et souples, luisant comme une rivière de corbeaux, la déshabillaient autant qu'ils l'habillaient. Ils donnaient envie de la voir nue, ils étaient le cadre, les rives entre lesquelles on imaginait le fleuve de cette nudité. Christian...
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C’était mes chemins noirs. Ils ouvraient sur l’échappée, ils étaient oubliés, le silence y régnait, on n’y croisait personne et parfois la broussaille se refermait aussitôt après le passage. Certains hommes espéraient entrer dans l’Histoire. Nous étions...
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Le monde entier se mit à pleurer devant les décombres, des jeunes gens vinrent chanter sur le parvis, d'autres se souvinrent que la vocation de l'homme n'était pas de courir les allées des supermarchés. Des Français se mirent à genoux dans la rue ! Spectacle...
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Le loup c'était moi, derrière les barreaux, ensommeillé. L'alouette c'est moi, dans l'air bleu, vibrante de petit délire calme. Hier une cage, aujourd'hui un ciel. Je fais des progrès. Christian Bobin
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