Pour faire passer le temps, je récapitule les conseils en tout genre qu'on m'a donnés en cas de rencontre avec l'ours : Se transformer en tronc d'arbre, silencieux comme la souche. Ne pas y penser. Lui parler. Ne rien dire. Ne pas le regarder. Le regarder...
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Parfois j'oublie que je suis un vieux crapaud qui n'a plus, à lui, et pour le rendre beau, que des mots. Au moins ça, ma chaloupe avant le naufrage, mon tour de grande roue avant de sortir par la petite porte. Avec les mots on peut rester invisible,se...
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Le cheval ne bouge pas. Il attend. Il attend une poignée d'herbes, la fin du monde, l'ouverture des barrières ... Christian Bobin
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La Sée marqua un angle, le Mont-Saint-Michel jaillit au-dessus des herbes. Le stupa* magique était là. Et des nuées de passereaux explosant dans l'air salé jetaient leurs confettis pour le mariage de la pagode avec la lagune. C'était le mont des quatre...
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La journée est ponctuée de mesures dont le battement constitue un solfège. L'arrivée de l'oiseau à 8 heures, le balayage de la toile cirée par un rai de soleil à 9 h 30, le jeu des petits chiens à la tombée du jour, l'apparition des phoques au milieu...
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Avant cet amour, je n'étais pas née. Après cet amour, je suis morte, je suis passée d'un néant à un autre, le premier était triste et lourd, le second est radieux, sec et vif comme une attaque en musique, une vibration d'archet, une pirouette de Jean...
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Je pensais aux gens que j'aimais et j'y pensais bien mieux que je ne savais leur exprimer mon affection. En réalité je préférais penser à eux que les côtoyer. Ces proches voulaient toujours que "l'on se voie", comme s'il s'agissait d'un impératif, alors...
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entassement de feuilles autour de trois fleurs rouges comme des traces de tombe sur le sol de la ville ; la mort qui prend un air de clochard des rues, qui mendie auprès de ses proies une question sur la vie, qui réclame notre bonté Pierre Cressant Blog...
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Quand je n'écris pas c'est que quelque chose en moi ne participe plus à la conversation des étoiles. Les arbres, eux, sont toujours dans un nonchalant état d'alerte. Les arbres ou les bêtes ou les rivières. Les fleurs se hissent du menton jusqu'au soleil....
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Je passais de longs moments à caresser les gargouilles. Mon accident m'avait affligé d'une paralysie faciale, mon visage avait subi un glissement de terrain. Je promenais une face grimaçante. Les gargouilles me consolaient de la disgrâce. Elles se tenaient,...
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