Un jour vient où, à force de raideur, plus rien n'émerveille, tout est connu, la vie se passe à recommencer. C'est le temps de l'exil, de la vie sèche, des âmes mortes. Pour revivre, il faut une grâce, l'oubli de soi ou une patrie. Albert Camus
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Personne n’a une vie facile. Le seul fait d’être vivant nous porte immédiatement au plus difficile. Les liens que nous nouons dès la naissance, dès la première brûlure de l’âme au feu du souffle, ces liens sont immédiatement difficiles, inextricables,...
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on dit “le regard perdu” ; et j'aimerais parfois vivre dans ce perdu, m'y allonger, retrouver cette ivresse douce de l'oubli que nos yeux distinguent, cet oubli que notre regard peut ressentir, peut posséder ; ce regard perdu de cette jeune inconnue debout...
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il me semblait ce soir être assis au bord de la nuit même et je prenais le temps de la voir délicatement avancer sur la ville comme jamais auparavant, mordant ici la première ligne des arbres, plus loin l'avancée de l'ombre d'un toit, plus en arrière...
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Nous n'avions pour eux aucune haine.Ils faisaient métier de loups comme nous faisions métier d'hommes.Ils étaient créatures de Dieu.Comme nous.Ils étaient nés prédateurs.Comme l'homme.Mais ils étaient restés prédateurs, alors que l'homme était devenu...
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Par derrière les cheveux là où peau est douce De la base du cou à la naissance du crane Tout le long de la nuque une bouche butine Des baisers fous comme des ailes de papillon Sur le cou d’une fille ou le cou d’un garçon Un peu comme un glaçon vous cause...
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Il est tard déjà L’horizon recule encore Où pourrions-nous arriver ? Le rêve du repos a trop duré pour à présent y consentir. Nous savons désormais toute halte passagère toute victoire dérisoire tout échec insignifiant. Seul importe l’élan. avec les arbres...
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Où vont les gestes qu’on arrête les moments suspendus Où vont les mots que l’on regrette de n’avoir jamais eus Et tous ceux qu’on n’a pas su dire qui finiront par nous pourrir ?” Jacques Higelin
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est-ce enfin de la douleur que l’on entend, ce chant d'automne qui mène au grand silence des paysages prochains, les arbres que l’on sent dolents dans le vent du nord chargé de pluie doucement bruissante Pierre Cressant
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Dans le tournant des temps,j’ai viré mes rêvesau sommet des désertset sous l’abîme des silencesune fleur est née,plus fragile que l’aube. Le visage ovaleles chemins perduset le cœur dansedu même flot. L’horloge parleet l’âme écoutede mieux en mieuxce...
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