Marcher, c'est célébrer la lenteur dans un monde qui s'agite ; accepter l'ennui dans une société qui ne croit qu'au divertissement ; s'adonner à un plaisir modeste dans un système où tout se paie ; se replier dans ses pensées dans le brouhaha ambiant...
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Pour le vagabondage intérieur, la chevauchée est idéale car l'esprit n'a même pas à fournir la concentration qu'exige la marche. Le cavalier n'a qu'à se tenir droit sur sa selle, un oeil sur l'horizon et l'autre sur la boussole. Cul sur la selle, pensée...
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Pour qui écoute du grégorien aux offices de Lagrasse comme on lit un vieux livre, une porte s'ouvre vers la redécouverte de ce que nous sommes collectivement, mais plus encore vers la redécouverte de soi-même. Celui du passé et plus encore celui de l'avenir....
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Comme dans la vie, tout s'annonce, tout vient, tout meurt. Ce qu'on a devant soi sera un jour fini, et nous deviendrons nostalgiques de ce que nous n'avons pas encore connu. Sylvain Tesson Le tourisme de masse, les villes devenant Disneyland ou béton...
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Les historiens avaient inventé des expressions pour classer les époques de l’humanité ; l’âge de la pierre, l’âge du fer, l’âge du bronze s’étaient succédé, puis les âges antiques et féodaux. Ces temps-là étaient des temps immobiles. Notre époque consacrait...
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Je me couchais contre un soutènement, au-dessus du ressac. Il y a deux mille ans, les mêmes vagues résonnaient sur le même granit. La mer ne se fatigue pas. Je sentais vibrer l’onde dans mon dos. Qui avait mis en marche la première vague ? Sylvain Te...
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La nostalgie sourdait de ce contact entre les âges, le sol et soi-même. Elle était une vertu. Les hommes doux se méfient de la brutalité du présent, n’accordent pas foi à l’arrogance de l’avenir et regardent tout reflet du passé avec tendresse. Comme...
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Les menhirs demeuraient. Ils montaient la garde. Leur présence garantissait leur légitimité. Cela suffisait. Ce soir-là au carré du bateau, j'avançai une explication. L'homme comprenant qu'il était un roseau vibratile aurait planté des pierres pour conjurer...
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J'essaie d'identifier chaque visiteur du ciel. Nommer les bêtes et les plantes d'après les guides naturalistes, c'est comme reconnaître les stars dans la rue grâce aux journaux people. Au lieu de "Oh ! Mais c'est Madonna !", on s'exclame "Ciel, une grue...
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Le contact des hommes des bois russes me procure toujours un apaisement, né du sentiment d'avoir trouvé l'environnement humain où j'aurais voulu naître. Il est bon de n'avoir pas à alimenter une conversation. D'où vient la difficulté de la vie en société...
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