La bête mariait la puissance et la grâce. Les reflets électrisaient son pelage, ses pattes s'élargissaient en soucoupes, la queue surdimensionnée servait de balancier. Elle s'était adaptée pour peupler des endroits invivables et grimper les falaises....
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Les haies de ronces et de buissons fournissaient ma ration de mûres, de poires et de figues. Ces ventrées de vagabond n'étaient pas difficiles. Il suffisait de tendre la main, les fruits n'étaient jamais cueillis... Pourquoi risquer de se déchirer les...
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Au cours des chevauchées récentes, au Turkestan, j'ai compris que c'est la bête qui commandait. On imagine la mener, elle imprime le tempo. Elle bat la mesure du sabot sur le sol, et la cadence des journées de voyage. Dans la colonne, hommes et bêtes...
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Homère était poète aveugle Il créa tous les mondes en lui Puisqu'il ne les voyait point. La philologue italienneAndrea MarcolongoApparut un jour devant lui. Mais que signifie la beauté Quand l'œil ne peut pas la voir ? Et pour la première fois, On plaignit...
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À Isola, on skia en masse dans les couleurs acidulées des sixties. On vaquait de son appartement au magasin de ski et du magasin de ski au restaurant de raclette par des escaliers mécaniques sans avoir à sortir dans la neige. C'était «épatant ». La fête...
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Je me souviens que, avant de partir, j’ai vu cette publicité : « Vues imprenables sur les cimes dressées vers le ciel . »Dressés vers le ciel ?Foutaises !Les sommets s’écroulent. La montagne est une vieillarde en décomposition. Elle regarde le chemin...
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Dans l'écrin d'une nature aride, sauvage, entre Narbonne et Carcassonne, les écrivains sont venus rendre visite à des hommes qui remontent sans cesse leurs pierres à la recherche du Très-Haut. Ce paradoxe ne pouvait qu'aiguiser les plumes. Sylvain Te...
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L'air sentait le cierge éteint et la robe des chats gris : une odeur d'automne. Une lumière de pastel meringuait les labours. J'allais plus élastiquement qu'au début de mon voyage. La marche distillait ses bons effets. Elle me léguait ce trésor dont j'avais...
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"Le passé m'a trahi, le présent me tourmente, l'avenir m'épouvante". La marche dans les bois balayait ces effrois. J'aurais pu recomposer la ritournelle : "Le passé m'oblige, le présent me guérit, je me fous de l'avenir". Sylvain Tesson
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Comme la planète était promue théâtre de la circulation générale des êtres et des marchandises, par contrecoup les vallées s'étaient vu affliger de leurs grand-routes, les montagnes de leurs tunnels. L'"aménagement du territoire" organisait le mouvement....
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