Nuages roses, bientôt nuages de suie, comme tout feu. Dernière inflorescence, qui ne pèse ni sur l’horizon ni sur les yeux, dernière douce inflammation, incarnat laissé insaisi ; la dernière de ce jour, ou de la vie. La dernière rose, incueillie. Philippe...
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Ce matin, il y avait un miroir rond dans la brume, un disque argenté près de virer à l'or, il eût suffi d'yeux plus ardents pour y voir le visage de celle qui en efface avec un tendre soin les marques de la nuit... Philippe Jaccotter
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Comme l'huile qui dort dans la lampe et bientôttout entière se change en lueur et respiresous la lune emportée par le vol des oiseaux,tu murmures et tu brûles. (Mais comment direcette chose qui est trop pure pour la voix ?)Tu es le feu naissant sur les...
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Elle s'approche du miroir rondcomme une bouche d'enfantqui ne sait pas mentir,vêtue d'une robe de chambre bleuequi s'use elle aussi. Cheveux bientôt couleur de cendresous le très lent feu du temps. Le soleil du petit matinfortifie encore son ombre. Philippe...
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Je ne voudrais n'être rien d'autre qu'un homme qui arrose son jardin et qui, attentif à ces travaux simples, laisse pénétrer en lui ce monde qu'il n'habitera pas longtemps. Philippe Jaccottet Je suis cette femme qui arrose son jardin, et qui, malgré son...
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On marche, on se rapproche, on s'arrête. Personne toujours. Nul qui ouvre la porte des forêts. Tout a-t-il cessé de vivre ? Alors, il apparaît qu'il n'est pas un de ces roseaux qui ne bouge. Un chuchotement rapide passe de l'un à l'autre, un peu plus...
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Je pense quelquefois que si j'écris encore, c'est, ou ce devrait être avant tout pour rassembler les fragments, plus ou moins lumineux et probants, d'une joie dont on serait tenté de croire qu'elle a explosé un jour, et répandu sa poussière en nous. Qu'un...
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Brûlant des ronces à la fin du jour, j'ai vu soudain approcher du brouillard, silence devenu visible, fumée humide et froide montée de l'eau plutôt que d'un feu, exhalaison de la terre détrempée, souffle tout à coup froid comme de l'acier, menace peut-être,...
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En passant devant l'une dernières fermes restées des fermes, ici tout près : le petit verger à l'abandon, les murs délabrés en bordure du chemin, le grand noyer au-dessus de la Chalerne, pourquoi tout cela me semble-t-il si "vrai", c'est-à-dire ni aménagé,...
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La grâce dérobée des fleurs. Parce qu'elles s'inclinent sous leur propre poids, certaines jusqu'à terre, on dirait qu'elles vous saluent, quand on voudrait les avoir soi-même, le premier, saluées. Ainsi groupées, on dirait une figure de ballet. Philippe...
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