Un ermite ne menace pas la société des hommes . Tout juste en incarne-t-il la critique.L'ermite accepte de ne plus rien peser dans la marche du monde.Dans un ermitage, on se contente d'être aux loges de la forêt. Les fenêtres servent à accueillir la nature...
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Le bonheur dans mon existence est de voir apparaître les mésanges... Je ne me moquerai jamais plus de ces vieilles dames qui gâtifient devant leurs caniches sur les trottoirs d'Auteuil ou mettent un canari au centre de leur vie. Ni de ces vieillards des...
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Nicola m’a enseigné la mer sans dire : on fait comme ça. Il faisait comme ça et comme ça c’était bien, non seulement précis mais beau à voir, sans hâte. Le comme ça de Nicola avait l’allure des vagues, ses gestes faisaient une rime que j’apprenais à saisir....
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J’ai toujours dû la vie à ce que je voyais de pur. Si nous savions regarder le réel de chacun de nos jours, nous tomberions à genoux devant tant de grâce. Dans un fossé du parc de la Verrerie, quelques myosotis triomphent des ténèbres par l’innocence...
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J'ai besoin de perdre une heure ou deux avant d'écrire vraiment. Il y a ce temps où le renard fait mine de ne pas voir sa proie. Ma proie, c'est la phrase pure, celle qui ne tient aucun compte de moi, qui aurait pu être écrite par une pierre ou le froissement...
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Il avait entendu quelqu’un adresser ce compliment à une femme. De l'acier poli par l'affûtage, telle était la matière des yeux de la femme. Elle savait l'attraction que son corps éveillait chez un homme. Combien avaient défilé pour obtenir un regard,...
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Il y avait une générosité civile dans l'école publique, gratuite, qui permettait à un garçon comme moi d'apprendre, J'avais grandi en elle et je ne mesurais pas l'effort d'une société pour s'acquitter de cette tâche. L'instruction nous donnait de l'importance,...
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Le monde dans le plein jour est un gratte-ciel qui s'effondre : une poussière d'images s'élève, qui se diffuse partout dans les âmes. La nuit ce nuage mortifère retombe. Vers trois heures du matin, les eaux d'un silence couvrent le monde. Ne sont guère...
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Bientôt, grâce à l'Etat, la modernité ruissellerait dans les jachères. Le wi-fi ramènerait les bouseux à la norme. Au lieu d'écrire "Par les champs et par les grèves", le futur Flaubert qui traverserait ces étendues pourrait se fendre d'un "Par les ZUP...
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Très peu de vraies paroles s'échangent chaque jour, vraiment très peu. Peut-être ne tombe-t-on amoureux que pour enfin commencer à parler. Peut-être n'ouvre-t-on un livre que pour enfin commencer à entendre. Christian Bobin
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