Piotr aimait cette phrase : "[...] car j'appartiens aux forêts et à la solitude." Il l'avait gravée au couteau sur le linteau de la porte. Ainsi, les rares personnes qui lui faisaient le frais d'une visite étaient prévenues. Sylvain Tesson
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Etait-il indigne de penser qu’un village avec flonflons d’orchestre et meuglement de bestiaux contenait davantage de poésie qu’une rue ventée où clignotaient des enseignes de manucures ? Sylvain Tesson
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Le temps arraché aux corvées quotidiennes est occupé au repos, à la contemplation et aux menues jouissances. L'éventail de choses à accomplir est réduit. Lire, tirer de l'eau, couper le bois, écrire et verser le thé deviennent des liturges. En ville,...
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La chrétienté a le coeur large. Et son écrin accepta d'être la châsse d'un trésor littéraire écrit par un génie progressiste. ( Notre-Dame de Paris de Victor Hugo). La laïcité, elle, est plus triste. Elle refuse toute autre chose qu'elle même. Sylvain...
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Les choses avaient tout de même mal tourné. Les hommes s'étaient multipliés, ils avaient investi le monde, cimenté la terre, occupé les vallées, peuplé les plateaux, tué les dieux, massacré les bêtes sauvages. Ils avaient lâché sur le territoire leurs...
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Les moellons calcaires sont truffés d'animalcules du Crétacé. Paris est fait de calcaire fossilifère, la ville s'élève sur des coquillages. Les hommes ont bâti la plus belle châsse de la chrétienté avec de petits escargots : grandeur et modestie de toutes...
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Parfois, on s'asseyait sur les dunes. L'océan pulsait sa rage et les vagues s'écroulaient, jamais lassées. " Il doit y avoir un vieux différend entre la mer et la terre. " Je disais des choses comme cela, qu'elle n'écoutait pas. Sylvain Tesson
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Pour le marcheur au long cours, l'écriture est le plus intense moment d'apaisement. Le point d'orgue posé sur la portée du jour. Les muscles se reposent sur le cahier. L'esprit se réfugie dans l'agréable fouille de la mémoire. En écrivant, le soir, le...
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J'étais intimidé, c'était la première nuit que je passais à l'air libre après ma chute. (...) Les nuits dehors, pour peu qu'on les chérisse et les espère, lorsqu'elles couronnent les journées de mouvement, sont à accrocher au tableau des conquêtes. Elles...
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Ces minuscules conquêtes s'augmentaient parce que nous les avions gagnées de haute lutte. Ces délices étaient salvateurs : la porte après le vent, la table après la pente, le poêle après la neige, la soupe après l'effort, la flamme après la blancheur....
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