Les feuillets que je tiens enfouis dans ma poche, je les porte à ma bouche. Me mets à les mâcher et les avaler. Pour n'avoir pas à me séparer de ce qui m'est venu d'elle. Pour la sentir vivre en moi. Pour faire passer ses mots dans mon sang. Cherles...
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Mort, je n'aurais même pas eu la grâce de voir ma mère au Ciel. Cent milliards d'êtres humains sont nés sur cette terre depuis que les homos sapiens sont devenus ce que nous sommes. Croit-on vraiment qu'on retrouve un proche dans la cohue d'une termitière...
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Je vais en montagne parce que c'est là-haut qu'est arrivé le bord de la terre. Sa frontière avec le ciel et l'univers se trouve là-haut, et alors en grimpant, je peux aller jusqu'au point où il n'y a plus rien à escalader. Je suis la terre jusqu'à l'endroit...
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Ce vent qui heurte l'olivier couche ses hautes branches dans le ciel qu'il s'engouffre en toi emporte tes brumes chasse le vieux savoir Charles Juliet
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Je n'ose me lever ce matin. Ma volonté est lâchée en liberté dans le champs des jours vierges. Le danger : demeurer tétanisé jusqu'à la nuit à regarder le blanc en disant :"Dieux! comme je suis libre!"Il s'est remis à neiger. Il n'y a personne. Même pas...
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Je ne serais pas un exilé, parce que j’emporte avec moi la langue italienne qui me permet de vivre partout.L’exil serait pour moi d’écrire dans une autre langue.Je peux en parler d’autres, les lire, mais l’italien est ma patrie, littéralement, parce que...
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je marche marcheme risqueen des contrées extrêmesm'aventuresans broncherlà où avantm'assaillait la peur lentes heuresspacieuses et richesloin du temps aboli Charles Juliet
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Au jardin je brûle les émondes du laurier, un parfum qui invite à fermer les yeux.Derrière la grille revient le visage de charbonnier de Selim. Je l'invite à la cabane :"tu es l'esprit du café, lui dis-je, tu apparais quand je vais le mettre sur le feu.""je...
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Finies les longues errances sous des ciels éteints Finis ces combats truqués où j'étais toujours vaincu Fini ce temps installé dans la misère du non J'ai déposé le poids mort qui obscurcissait ma vie Long a été le chemin qui m'a permis de quitter mon...
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Une seule nuit sèche et tiède sous des arbres assez vieux avait opéré son miracle. Je me réveillai au pied d'un pin, gonflé d'une excitation nouvelle. L'arbre fait-il percoler un peu de sa force dans l'organisme de celui qui dort à son pied ? Après tout,...
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