Une tombe, ce n’est rien qu’un coffre vide. Celui que j’aime tient tout entier dans mon souvenir, dans un mouchoir encore parfumé que je déplie, dans une intonation que je me rappelle soudain et que j’écoute un long instant, la tête penchée… Il est dans...
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Bien-sûr le temps demeure un lieu de course folle ou d'immobilité, de courses poursuites entre nos élans et nos peurs, nos belles heures et les plus sombres, nos promenades, nos marches forcées, nos territoires gagnés ou perdus, nos flammes de vaste envolée...
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L'écriture, comme l'amour, n'a de sens que si l'on accepte de perdre pied. De quitter le rivage. Quitter la terre ferme, s'enfoncer dans l'eau du fleuve, se laisser emporter. Bien sûr, il y a un risque à prendre : en amour, comme en écriture, on peut...
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Jusqu'au bord de ta vie Tu porteras ton enfance Ses fables et ses larmes Ses grelots et ses peurs Tout au long de tes jours Te précède ton enfance Entravant ta marche Ou te frayant chemin Singulier et magique L’œil de ton enfance Qui détient à sa source...
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Le bonheur est mélancolique. Le cri des plus joyeux oiseaux Paraît lointain comme de l'eau Où se noierait une musique. À l'oeil qui s'en repaît longtemps La couleur des fleurs est moins fraîche ; L'herbe a parfois l'air d'être sèche Sur le sein même du...
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Je suis née au milieu du jour,La chair tremblante et l'âme pure,Mais ni l'homme ni la natureN'ont entendu mon chant d'amour. Depuis, je marche solitaire,Pareille à ce ruisseau qui fuitRêveusement, dans les fougèresEt mon coeur s'éloigne sans bruit.Cécile...
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La pensée aime la marche, étreint les paysages, les belvédères des villes. Les observatoires. Elle se soude sans effort aux sentiers tracés des montagnes, des forêts. Elle reconnaît l’accueil des parcs et des jardins comme autant d’espaces de révélation....
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Il y a mon ciel d'azur mon ciel des quatre saisons sur la forêt refermée loin des quatre chemins Il y avait ma prison de verdure mon jardin des quatre murs et les fleurs ensanglantées de mes quatre ans Il y a une piste qui s'y perd et moi qui m'y retrouve...
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L’amant grave l’arbre de ses initiales, de sa lame il trace un cœur. Mais le livre que j’écris sur mon cahier est cellulose tuée par une scie à moteur, la couverture est pulpe de conifère abattu. Écrivain, plante un arbre pour chaque nouveau livre, redonne...
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Nous avons des vies dénuées de sens. De plus en plus rapides pour aller nulle part. Alors nous prenons des apparences et des modes, nous voulons oublier dans les jouissances. Et la peur de les perdre nous fait courir encore plus vite. Mais il faut garder...
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