- Une mouette rieuse peut-elle consoler un saule pleureur ? – Les œnologues sont des gens que le vin fait parler avant de le boire, les ivrognes des gens qui parlent après l’avoir bu. – Un jour les sentiers se vengeront d’avoir été battus. Sylvain Te...
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Les insurgés du ghetto tentaient de sauver les poètes, les écrivains. C'est ce que font les arbres encerclés par les flammes : ils projettent très loin leurs graines. Les poètes, les écrivains étaient les graines de leur plante et ils élèveraient leur...
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Je regarde un arbre d'un vert multiple, soumis aux ondées de l'air et de l'espace. Ancien déjà, il va mendier la lumière tout en haut, gêné par d'autres feuillages trop proches, il va, quand même. Il décourage toute intelligence du monde. Il faudrait...
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Le matin, j'aperçus une bergerie dans un creux. Une femme lisse, rose, avec de grosses joues de Flamande et des biceps nus s'affairait sur le seuil. Elle sortait d'un Bruegel et rentrait de la traite. Sylvain Tesson
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Je regarde tes cheveux,je reconnais le coup de poignet qui les dispose en vagues, je pense que le bois de ta brosse est comme le vent de l’Atlantique qui creuse de longues lames. Erri de Luca
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Il y a mille façons de parler aux morts. Il fallait la folie d'une petite de quatre ans et demi pour comprendre que nous avions peut-être moins à leur parler qu'à les entendre, et qu'ils n'avaient qu'une seule chose à nous dire : vivez encore, toujours,...
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Un rêve m'obsédait. J'imaginais la naissance d'un mouvement baptisé "confrérie des chemins noirs". Non contents de tracer un réseau de traverse, les chemins noirs pouvaient aussi définir les cheminements mentaux que nous empruntions pour nous soustraire...
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Toi,tu dis que nos jours ont volé,Moi,je dis que nous avons volé avec eux,Bras dessus bras dessous à Paris.Entre nous volent maintenant les miles,Toi sur l’Atlantique,Moi sur la Méditerranée.Ce ne sont pas ceux-là qui me font mal,Ce sont les centimètres...
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Il nous appartient, quand tout nous fait défaut et que tout s’éloigne, de donner à notre vie la patience d’une oeuvre d’art, la souplesse des roseaux que la main du vent froisse, en hommage à l’hiver. Un peu de silence y suffit. Christian Bobin
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Tirer sur son clope, seul, devant le lac ; ne nuire à rien, ne subir le diktat de personne, ne désirer pas plus que ce que l'on éprouve et savoir que la nature ne nous rejette pasSylvain Tesson
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